Protection incendie : faut-il remplacer les portes à âme de bois des logements? - Société d'habitation du Québec

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Protection incendie : faut-il remplacer les portes à âme de bois des logements?

Le Code de construction du Québec présentement en vigueur exige que les portes dans les séparations coupe-feu soient homologuées et étiquetées ULC. Pourtant, les codes antérieurs à 1980 reconnaissaient aux portes à âme de bois1L’appellation « porte en bois à âme massive » est aussi utilisée. L’âme de ces portes peut être faite de montants en tronçons, de panneaux de particules extrudés (âme tubulaire) ou de panneaux de particules (CAN/ULC-S113)., même sans étiquette, une résistance au feu suffisante. Voilà pourquoi il n’est pas requis de remplacer les portes à âme de bois non étiquetées des logements du parc de HLM.

Le résumé de la réglementation présenté dans cette fiche se limite aux cas rencontrés dans le parc de HLM, c’est-à-dire aux portes requérant un degré pare-flammes2L’appellation et la définition des termes en italique réfèrent au Code de construction du Québec, Chapitre I – Bâtiment, et au Code national du bâtiment – Canada 2010 (modifié). (autrefois appelé « degré de protection contre le feu ») de 20 minutes dans une séparation coupe-feu ayant un degré de résistance au feu d’une heure et moins entre un corridor commun et une suite.

Exigences touchant les portes de logements

Pour les immeubles de deux étages ou moins, et de huit logements ou moins, les portes doivent être conformes au code de construction3Au fil des éditions, le Code de construction a porté les appellations suivantes : Code du bâtiment, Code national du bâtiment puis Code de construction du Québec. qui était applicable lors de la construction.

Pour les immeubles d’habitation (usage du groupe C) de trois étages ou plus, comportant neuf logements ou plus, le Code de sécurité du Québec, Chapitre VIII – Bâtiment et le Code national de prévention des incendies : Canada 2010 (modifié) rehaussent certaines des exigences applicables lors de la construction. Ainsi, pour les dispositifs d’obturation dans les séparations coupe-feu touchant entre autres les portes de logements, les exigences en vigueur lors de la construction s’appliquent sans toutefois jamais être inférieures à celles du Code national du bâtiment (CNB) 1980.

Pour les habitations du parc de HLM, peu importe l’édition du Code, le degré pare-flammes exigé des portes des logements est de 20 minutes. En effet, le degré de résistance au feu exigé des séparations coupe-feu des murs des logements n’est jamais supérieur à une heure.

Historique des exigences de construction des portes en bois

Avant 1980, les portes à âme de bois étaient reconnues conformes par le Code du bâtiment (1976 – articles 3.1.7.2 4) et 9.8.14.A.). Ainsi, une porte à âme de bois de 44 mm (dimensions réelles) offrait un degré pare-flammes de 20 minutes. De plus, cette porte pouvait être installée dans un cadre en bois d’une épaisseur de 38 mm (dimensions réelles).

Depuis 1984, avec l’entrée en vigueur du CNB 1980, la réglementation ne prescrit plus de dimensions particulières de portes mais renvoie plutôt à deux normes, soit les normes ACNOR O132.2-M1977 (qui deviendra CAN/ULC-S113) dans la partie 9 et CAN/ULC-S104 dans la partie 34La CAN/ULC-S104 définit la méthode normalisée des essais de comportement au feu des portes alors que la CAN/ULC-S113 prescrit les matériaux à utiliser dans la construction d’une porte (masse volumique du bois, type de colle utilisé, etc.) satisfaisant aux exigences de rendement de CAN/ULC-S104.. En conséquence, il devient plus complexe de vérifier si les portes à âme de bois offrent le degré pare-flammes de 20 minutes requis.

Le remplacement n’est pas nécessaire

Il est souvent difficile de savoir si les portes sans étiquette installées il y a plusieurs années respectent les normes CAN/ULC-S104 ou CAN/ULC-S113. De plus, certains services incendie ou certains experts demandent le remplacement des portes de logements à âme de bois dans le parc de HLM pour la seule raison qu’elles ne portent pas l’homologation CAN/ULC.

Pour la Société d’habitation du Québec (SHQ), cette seule raison n’est pas suffisante pour justifier le remplacement de ces portes. Ainsi, que le bâtiment relève de la partie 3 ou de la partie 9 du Code de construction du Québec, la SHQ considère qu’une porte à âme de bois de 44 mm en bon état, installée dans un cadre en bois de 38 mm ou dans un cadre en acier offre le degré pare-flammes de 20 minutes requis.

Si la porte n’est pas en bon état, elle peut être réparée conformément à la norme NFPA 80 Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre., chapitre 5. Il est ainsi possible, entre autres, de remplacer des composants ou de réparer les trous en les remplissant avec des vis en acier. Selon cette norme, les réparations effectuées doivent être inspectées par une « personne qualifiée ». Bien que la définition de « personne qualifiée » soit vague, la SHQ définit cette dernière comme étant un membre d’un ordre professionnel (technologue, architecte, ingénieur).

Le présent document vous est fourni à titre informatif et contient des renseignements techniques s’adressant à l’ensemble des organismes d'habitation sociale. L’organisme et son personnel technique demeurent responsables de s’assurer que les recommandations sont effectivement applicables à leur cas particulier. À cet effet, nous vous suggérons de consulter le Manuel de gestion du logement social, le Guide des immeubles, les normes applicables et, le cas échéant, tout professionnel compétent en la matière.

L’appellation « porte en bois à âme massive » est aussi utilisée. L’âme de ces portes peut être faite de montants en tronçons, de panneaux de particules extrudés (âme tubulaire) ou de panneaux de particules (CAN/ULC-S113).
L’appellation et la définition des termes en italique réfèrent au Code de construction du Québec, Chapitre I – Bâtiment, et au Code national du bâtiment – Canada 2010 (modifié).
Au fil des éditions, le Code de construction a porté les appellations suivantes : Code du bâtiment, Code national du bâtiment puis Code de construction du Québec.
La CAN/ULC-S104 définit la méthode normalisée des essais de comportement au feu des portes alors que la CAN/ULC-S113 prescrit les matériaux à utiliser dans la construction d’une porte (masse volumique du bois, type de colle utilisé, etc.) satisfaisant aux exigences de rendement de CAN/ULC-S104.